Kaylena Ehgoetz Martens, Chargée de recherche
Université de Sydney
Bourse de recherche fondamentale : 80 000 $ sur deux ans

Découvrir le mécanisme neuronal sous‑tendant le gel de la marche chez les personnes souffrant de la maladie de Parkinson : comprendre le rôle du stress et des émotions

La spécialiste des neurosciences Kaylena Ehgoetz Martens aimerait découvrir, pour des raisons qui dépassent l’intérêt scientifique, pourquoi presque la moitié des personnes aux stades avancés de la maladie de Parkinson subissent des blocages terrifiants et sont incapables de bouger.

Pendant trois ans, Mme Ehgoetz Martens a participé à un programme d’exercice et de réadaptation en compagnie d’une femme atteinte de la maladie de Parkinson qui était victime de graves blocages de la marche. Trois fois par semaine, Mme Ehgoetz Martens aidait cette femme à exécuter une série d’exercices sensoriels et de coordination au Centre de réadaptation et de recherche sur les troubles du mouvement de l’Université Wilfrid Laurier.

À la fin de leur séance d’exercices, cette femme, qui se déplaçait surtout en fauteuil roulant, pouvait marcher sur de courtes distances. Fait plus important, elle tombait moins souvent et son indépendance accrue se traduisait par une meilleure attitude face à la vie.

« Cela modifiait complètement son humeur » indique Mme Ehgoetz Martens. « Lorsqu’elle pouvait marcher, son visage s’épanouissait dans un immense sourire. À mon sens, il était vraiment important que nous puissions favoriser son indépendance et le sentiment de sa propre valeur au cours de ces dernières années. »

L’amie et la patiente de Mme Ehgoetz Martens est aujourd’hui décédée mais elle est à l’origine de la détermination de la spécialiste des neurosciences de se consacrer à la recherche sur le gel de la marche. Mme Ehgoetz Martens a, non seulement documenté leur travail dans le cadre de sa thèse de baccalauréat, mais elle a également fait des études de maîtrise et de doctorat établissant un lien entre l’anxiété et le blocage.

À l’aide d’outils de réalité virtuelle, Mme Ehgoetz Martens a étudié la démarche des personnes souffrant de la maladie de Parkinson qui se déplaçaient sur une planche posée sur le plancher. Lorsque les participants portaient un casque qui recréait un environnement virtuel, le programme faisait subitement « disparaître » le plancher sous la planche, de sorte que les participants avaient l’impression de traverser un profond fossé de neuf mètres.

L’étude réalisée par Mme Ehgoetz Martens a permis de démontrer pour la première fois que l’anxiété freine les mouvements, ralentit la marche et provoque des blocages.

À l’heure actuelle, dans le cadre de sa bourse de recherche postdoctorale à l’Université de Sydney en Australie, Mme Ehgoetz Martens mènera une recherche similaire avec des patients qui participeront à des scénarios de réalité virtuelle tout en prenant place dans un appareil d’imagerie par résonnance magnétique fonctionnelle. Lorsqu’ils actionneront les pédales pour simuler la marche, l’appareil d’imagerie par résonnance magnétique fonctionnelle fera voir leurs cerveaux afin de cartographier les structures cérébrales en cause quand ils éprouvent de l’anxiété et des blocages.

Mme Ehgoetz Martens espère que sa recherche débouchera sur un nouveau modèle des causes du blocage de la marche et de nouvelles façons de traiter et d’atténuer l’anxiété qui déclenche les blocages.

« L’amélioration de la qualité de vie et même l’atténuation de la gravité des symptômes des patients dépend en partie du traitement de ces symptômes non moteurs » précise‑t‑elle.