Karl Grenier, Doctorant,
Institut neurologique de Montréal, Université McGill
Bourse d’études supérieures Porridge for Parkinson’s (Toronto) : 30 000 $ sur deux ans

L’interaction entre PINK1 et la peptidase de maturation mitochondriale : Définir le rôle des défauts d’imports mitochondriaux dans la maladie de Parkinson.

Karl Grenier se souvient très bien de son premier contact avec la maladie de Parkinson, à l’âge de six ans, alors qu’il était persuadé d’en être atteint.

« Je regardais un documentaire télé sur le sujet, après, c’est en pleurant que je suis descendu voir ma mère, dit‑il. J’avais observé mes mains animées d’un tremblement à peine perceptible et je lui avais annoncé que je souffrais de la maladie de Parkinson. »

Elle l’a assuré que ces mouvements étaient tout à fait normaux. Plus important encore, elle lui a dit que s’il continuait à s’intéresser à ce problème, il pourrait éventuellement trouver un moyen d’aider les gens qui sont atteints de cette maladie. Plus de 20 ans sont passés et voilà exactement ce que fait le chercheur.

Grenier étudie deux protéines qui aident les cellules de l’organisme à traiter les constituants endommagés. La première se charge de déceler les ratés cellulaires, lorsque la structure qui fournit l’énergie à la cellule tombe en panne. La seconde protéine prend alors le relais pour éliminer cette structure avant qu’elle n’exerce ses effets toxiques sur le reste de la cellule.

Lorsque ces protéines fonctionnent correctement, le processus de détection et d’élimination n’arrête jamais. Mais, si elles cessent leur activité, les déchets s’accumulent dans la cellule qui arrête alors de fonctionner. S’il s’agit des neurones, l’effet ouvre la voie à la maladie de Parkinson.

« Ce qui arrive alors au malade tient de l’horreur, dit Grenier, qui a été témoin de la dégénérescence mentale et physique qui en résulte. C’est son identité même qui est touchée. »

En comprenant mieux comment ces protéines fonctionnent, on peut concevoir des médicaments pour rétablir leur fonction et stopper la maladie au niveau cellulaire. Dans l’intervalle, Grenier est heureux de l’occasion qui lui est donnée d’acquérir une telle compréhension, une démarche qui constitue l’entièreté de son programme de doctorat. « Les découvertes les plus précieuses de ce programme, explique‑t‑il, surviennent généralement vers la fin, alors que l’aide financière s’avère bien plus difficile à trouver. »

« Les premières années de mon doctorat m’ont appris beaucoup, mais c’est maintenant que le casse‑tête prend forme, dit‑il. C’est à ce moment que se font la plupart des découvertes; il est alors essentiel d’avoir du soutien au moment le plus décisif. »