Yana Yunusova,
Professeure agrégée, Université de Toronto,
Chercheuse associée, Institut de réadaptation de Toronto
Bourse de projet pilote en recherche psychosociale : 45 000 $

Le rôle de la rétroaction visuelle en rééducation de la parole chez les patients atteints de la maladie de Parkinson

La voix chuchotante et douce que développent de nombreuses personnes atteintes de la maladie de Parkinson est caractéristique. Bien que les médicaments de substitution de la dopamine traitent efficacement de nombreux autres symptômes de la maladie liés aux mouvements, ils peuvent en fait aggraver les problèmes d’élocution.

La chercheuse Yana Yunusova de l’Université de Toronto et de l’Institut de réadaptation de Toronto conçoit des jeux informatiques interactifs pour aider les gens atteints de la maladie de Parkinson à améliorer leur élocution.

« Nous cherchons un moyen de rendre visibles les mouvements de la langue afin que les patients apprennent à contrôler ceux‑ci lorsqu’ils parlent en les accentuant afin d’améliorer leur élocution », dit Yunusova, professeure agrégée et orthophoniste.

En utilisant un capteur fixé à la langue, les jeux permettent de créer un tracé d’ondes en fonction du débit et du volume d’élocution typiques des patients. Ce tracé est converti en image visuelle que les patients peuvent manipuler à l’écran. Grâce à des scénarios de jeu, ils apprennent à bouger et à modifier les images en accentuant les mouvements de leur langue.

À l’heure actuelle, la plupart des méthodes de réadaptation des personnes atteintes de la maladie de Parkinson mettent l’accent sur l’intensité des sons plutôt que sur les problèmes d’articulation. Yunusova croit que si l’on fournit aux malades des indices visuels au moyen de jeux informatiques, ils pourront plus facilement pratiquer leurs mouvements linguaux et produire ainsi des sons plus clairs.

Être capable d’articuler plus clairement permettra d’améliorer la qualité de vie des gens.

« Si nous améliorons la capacité d’expression des gens ou nous les aidons à maintenir celle‑ci pendant de plus longs intervalles de temps, ils seront mieux en mesure de s’adresser aux membres de leur famille et de participer à des cercles sociaux », dit Yunusova.

Née en Russie, Yunusova a été attirée par l’orthophonie parce qu’elle ressentait la frustration que vivent les gens ayant du mal à se faire comprendre.

« Quand je suis arrivée en Amérique du Nord, j’ai eu moi‑même des problèmes à communiquer. Je parlais à peine l’anglais et je peux très bien comprendre les personnes qui ont des problèmes de communication », dit-elle.

Elle aime travailler avec les personnes atteintes de la maladie de Parkinson en raison des expériences de vie que celles‑ci nous font partager, dit-elle.